Blog de textes de chansons et textes divers
Avec toute l’énergie du désespoir
S’endormir bien moins qu’à moitié
Et se laisser glisser sans bruit
Dans un délire à ressasser
Noir est ce sas entre deux frondes
Messes basses, mèches blondes
Les démons sont tapis dans l’ombre
Rongeurs de songes efficaces
En quête d’insomnies
Rien ne dort et rien ne s’ennuie
Tout sert à croquer ce fruit
Ainsi, les couleurs et la douleur contrastent
Les nuits passent mais la lueur faiblit
Avec toute l’énergie du désespoir
Se lever encore aux aurores
Et se traîner jusqu’à l’usine
Pour charger la bobine ultime
Puis, partager avec les forts
Un sort commun devant la ruine
A peine vieux, déjà mort
Mais pas comme eux
Pas si poreux vers la pompe à veines
Ames creuses, hommes sombres
Au cœur tronqué par un filon d’or
Maîtres d’un jeu de nombres
Ceux-là se meurent heureux
Avec toute l’énergie du désespoir
Te dire que je ne peux que m’enfuir
Que rien n’oblige les sans droits
A se construire un avenir
On était là, toi et moi
Définis par un simple emploi
Unis par un nom famélique
Qui n’est ni le tien ni le mien
N’est-ce pas terrifiant de penser ?
Que nous ne sommes plus rien sans lui
Sans avoir jamais profité
Du temps qui nous était donné
Autrement qu’en traînant les pieds
Avec toute l’énergie du désespoir
Plonger un sucre de sursis
Dans l’aqueduc à soucis
Et voir dissout au bout des doigts
Ce dernier zeste d’envie
Ni passoire, ni tamis
Même le dégoût file à l’égout
On n’est plus qu’un cerveau flétri
Qui a sué son eau de vie
Il ne reste plus qu’à avoir
Toute l’énergie du désespoir
Pour s’extirper du caniveau
Et pour se jeter tout entier
La peau, les os, sacré fardeau
Dans le bûché des va-nu-pieds