Samedi 23 avril 2011
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16:37
Vous souriez comme un ange
Dites au valet du vampire
Qu’entre pourris on s’arrange
Vous m’allez à vous ravir
Et mieux valait moi que pire
De votre beauté on s’étrangle
Quoi dire ? une poupée de cire
Vêtue de cuir et de franges
Abrégeons mon point de mire
Vous m’aimerez à en mourir
Précipitée dans l’échange
Postures à littérature
De ces lectures qui se rangent
Derrière la moindre écriture
Comme une pensée impure
Vous ne parlez pas ma langue
Il se pourrait que ça dure
Gerçures mais pas sous cet angle
L’offrande se fait contre un mur
Par le biais d’un vide-ordures
Maintenant je vous tiens la jambe
Mais si vous cherchez à fuir
Dans un recoin je vous sangle
Et vous n’aurez rien à dire
Point de salut sans martyr
Demain tout devient moins tendre
Morceau de viande à nervures
Exsangue sans plus rien à vendre
Juste un trop plein de morsures
Et du reste, qui en a cure ?
Lyon, 23 avril 2011
Par Come Jausserand
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Publié dans : Feuilles Mortes
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Vendredi 22 avril 2011
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14:30
Chasse aux filles
Aussi frêles qu’elles sont bonnes
Un escadron d’hormones
Chaussé en espadrilles
S’éprend des îles, détruit des vies
Et prétend en donner le prix
Consumant la paix dans un lit
Une armée en pays conquis
Grand et fier
Demande et dieu te donne
En chair et en personne
Un enfant en enfer
Heureux dollar, euro smicard
Toutes les bourses ont leur lupanar
Au bout du monde sacré veinard
La note est douce et t’es peinard
Droit du ventre
Sous les cieux de l’orient
La roue tissant les liens
Entre l’art et la fiente
Là les rats ou les chiens
Du bout du continent
N’y vivent que ce temps
L’année du cochon blanc
Etre libre
D’aller où dix centimes
Achètent bien un crime
Même d’un puissant calibre
Rien d’innocent, ça tient pourtant
Toujours à ton corps défendant
Quand tu dis le sien consentant
Et ta décharge pour ses parents
Fi des lois
Tu crois tenir ta prime
Mais ce n’est qu’un abîme
Bien plus froid que tes doigts
Ton corps est pierre, ton cœur hiver
Et même en te sachant couvert
Tu chasses une pensée passagère :
« Dire que j’ai l’âge d’être son père »
Droit du ventre
Sous les cieux de l’orient
La roue tissant les liens
Entre l’art et la fiente
Là les rats ou les chiens
Du bout du continent
N’y vivent que ce temps
L’année du cochon blanc
Lyon 21 avril 2011
Par Come Jausserand
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Publié dans : Animal Song
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Mardi 19 avril 2011
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22:39
Ma reine met du poison dans mon assiette
Un filet d’or griffé au décor déchiré
Sa porcelaine est pleine de déchets sur les bords
On me met à la diète et on me dit fêlé
Dans son corridor mon horizon s’émiette
Picador argenté planté dans le décor
Son apparition ne fait pas recette
Ma main s’est entichée de cette fourchette
Encore un peu de corps à nourrir
Un tout petit effort, je vais mourir de rire
Encore un peu de corps à nourrir
Des barreaux sans rideaux, et je dors sur le dos
Les veines ont leur tension au baromètre
Entre mes cloisons dépressurisées
Ma peine est amusée par une amulette
Elle n’en fait qu’à sa tête, petite poupée
Voilà mon confort, une prison d’oubliettes
Jamais rien n’en sort, orphelin des idées
Si les barbelés sont dans ma tête
Que font ces miradors devant ma fenêtre ?
Encore un peu de corps à pourrir
Un tout petit effort, je vais mourir de rire
Encore un peu de corps à pourrir
Rideau sur les barreaux, et je dors sur mes os
Lyon, 19 avril 2011
Par Come Jausserand
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Publié dans : Paranoïd Dark
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Mardi 19 avril 2011
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14:38
Une marque, une plaque, c’était garé dehors
Y avait les clés sur le contact, y avait personne à bord
J’ai pris ma place dans le baquet harnaché à l’arnaque
Mais dans le fond d’un coupé-sport tout ce qui brille n’est pas d’or
Des boutons, un mouton, appuyez « Quitter parc. »
C’est concis, tout est dit, c’est bien la voix de mes envies
J ‘convie mon corps à cette claque la tête sous un masque
Dans le défi de ce circuit, la vie commence ici
Dans les faubourgs embouteillés y a comme un délit d’avancer
Faut du pot, faut du court, faut savoir léviter
Mais si tu consens un détour vas chez les déglingués
Dans la citerne aux métaux lourds, le mazout injecté
J ‘me suis branché au ballon sonde, j ’me suis jugé d’aplomb
A m’envoler par la fumée d’une chambre de combustion
On m’a fait don d’un champignon qui pousse à cent à l’heure
Ma sensation c’est l’illusion d’apprivoiser mes peurs
Sous la lumière des allogènes se penchent sur ma chance
Y a rien qui roule entre leurs doigts, des briquets sans essence
Les kilojoules, les kilomètres, moi j’avale tout d’une traite
Et je crache un brouillard de pollutions secrètes
J’ai l’option sans recul mais parfois ça s’arrête
Fanion au crépuscule du cavalier sans tête
Un corps échauffé essoufflé comme une bête
Une carcasse immense qu’on treuille sur une planche
Jusqu’au prochain recueil de l’or noir ou la blanche
Moi j’ai mon plein d’errance mais je ne suis pas en deuil
Lucifer en sabot, tu ne serais qu’un cercueil
Et j’ai bien trop d’orgueil pour qu’un équarrisseur
Au pavillon trois feuilles, mon étalon bonheur
S’évade aux naseaux de mon cheval vapeur
Y avait les clés sur le contact, y avait personne à bord
J’ai pris ma place dans le baquet harnaché à l’arnaque
Mais dans le fond d’un coupé-sport tout ce qui brille n’est pas d’or
Des boutons, un mouton, appuyez « Quitter parc. »
C’est concis, tout est dit, est-ce bien la voix de mes envies ?
J ‘convie mon corps à cet impact la tête sous un sac
Dans le récit d’un court-circuit, la vie s’arrête ici
Dans les faubourgs ensoleillés y a comme un défi d’inventer
Faut du bio, du labour, faut savoir s’éventer
Mais si tu consens un détour, vas chez les dézingués
Dans les cavernes au fond des cours, sous les jardins d’été
S’écroulent les vies jugulées d’avoir tant voyagé
Les yeux sur le côté et le pied au plancher
Lyon 19 avril 2011
Par Come Jausserand
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Publié dans : Substantiel
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Lundi 11 avril 2011
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23:12
Aucune action d’école
Dans votre portefeuille
Aucune tendance au deuil
A pleurer vos idoles
Moi je vis, sans bruit
Pas d’amas de fortune
De bitume amianté
Pas l’âme à parader
Dans un trop grand costume
Moi je vis, sans bruit
Un tout petit rien c’est
Déjà bien
Un tout petit bien ce n’est
Pas rien
C’est déjà du grain à
Mon moulin
Assez pour aller jusqu’à demain
Là où des tas de livres
Servent à se dépenser
Pour tout ceux qui cultivent
La chair mais pas l’idée
Moi je vis, sans bruit
Les cigales sont cotées
Au grand marché du blé
Je suis fourmi ici
Et on me fait chanter
Mais je vis, je vis
Un tout petit rien c’est
Déjà bien
Un tout petit bien ce n’est
Pas rien
C’est déjà du grain à
Mon moulin
Assez pour aller jusqu’à demain
Et demain
Ce n’est pas loin
Et demain
Ce n’est pas moins
Incertain
Que ce recoin
Où je vis
Je vis
Lyon 11 avril 2011
Par Come Jausserand
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Publié dans : D'un souffle
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